La jeune fille de la photo

© Juan Guzman / EFE

Il s’agit sans doute de l’une des photographies les plus plus emblématiques de la Guerre civile espagnole. Nous sommes en juillet 1936, quelques jours seulement après le coup d’État militaire. Une jeune fille de 17 ans pose fièrement sur le toit de l’hôtel Colón, à Barcelone, fusil à l’épaule.

C’est la première et dernière fois qu’elle porte une arme. Membre du PSUC (Parti socialiste unifié de Catalogne), elle participera à la guerre en tant que traductrice et journaliste. « Nous étions journalistes et notre métier c’était de faire en sorte que le moral ne baisse pas. »

Après la défaite du camp républicain, elle se réfugie en France où elle retrouve ses parents, après avoir perdu son compagnon, décédé lors du passage des Pyrénées. Fuyant l’occupation nazie, ils partent pour l’Amérique Latine. Réfugiés en République Dominicaine, la dictature de Trujillo les contraint une nouvelle fois à l’exil.

Comme pour des milliers d’Espagnols, la défaite de l’Allemagne nazie représente pour elle un immense espoir : la fin de la dictature franquiste et le retour de la République.

Franco et son régime survivront 30 ans.

Aujourd’hui, l’Espagne est une monarchie dont le roi a été désigné par le dictateur lui-même.

Aujourd’hui, la jeune fille de la photo est décédée à Paris.

Elle avait 94 ans.

Elle s’appelait Marina Ginestà.

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