A Trip with Ira : un tour d’Europe du bénévolat

Nous en parlions il y a quelques jours. Juan, Mariana et leur chienne Ira ont fait escale à Saint-Étienne la semaine dernière dans le cadre de leur projet « A trip with Ira« . Partis de Madrid au début du mois de juillet, ils sont déjà passés par la Galice, la Bretagne, Lille, le Luxembourg et la Suisse et ont parcouru près de 6 000 kilomètres.

C’est en lisant un article sur eldiario.es que nous avons pris connaissance de leur projet le mois dernier. Après les avoir contactés afin de relayer leur aventure ici et de les mettre en contact avec des associations locales, Mariana Romero et Juan Cortés sont passés nous rendre visite.

Sur un parking stéphanois

Sur un parking stéphanois

Comment est née l’idée du voyage ?

Mariana Ça a commencé quand nous nous sommes rencontrés au Kenya où nous étions bénévoles. Et comme Juan veut quitter l’Espagne, il a commencé à vouloir voyager. Moi aussi j’étais intéressée par l’idée de voyager, même si je ne suis pas sure de vouloir quitter l’Espagne. Nous avons donc décidé de mélanger un peu notre expérience comme bénévoles avec notre envie de voyage. Nous avons contacté différentes organisations pour promouvoir le volontariat. Pour nous ça a été une expérience très intéressante et nous aimerions que d’autres personnes connaissent ça. Ce n’est forcément nécessaire d’aller jusqu’en Afrique.

Quelles ont été vos activités en tant que bénévoles au Kenya ?

Juan Nous étions dans une école. Nous donnions des cours aux enfants, nous allions voir leurs familles.

Mariana Ce sont des enfants qui ont un très grand manque affectif et ils adorent voir arriver des bénévoles. Nous jouions avec eux, nous les accompagnions chez eux, nous pouvions voir la réalité dans laquelle ils vivent. Tout n’était pas rose mais ça m’a beaucoup plu.

Combien de temps êtes-vous restés ?

Mariana Moi, un mois et j’y suis retournée au début de l’année.

Juan J’y suis resté trois mois et j’y suis retourné cinq semaines entre la fin de l’année dernière et le début de l’année. Mais cette fois ce n’était pas en tant que bénévole. J’ai fait un voyage autour du lac Victoria (Kenya, Ouganda et Tanzanie) et mon idée était de faire quelque chose comme ce que nous sommes en train de faire. Mais je n’ai rencontré que quatre ou cinq organisations et j’ai fait de mauvaises vidéos, on n’entend rien. (Rires)

Avez-vous d’autres expériences en tant que bénévoles ?

Mariana Depuis un peu plus d’un an, et Juan un peu plus, je suis dans une association qui s’appelle Amigos de los Mayores à Madrid. Il s’agit de tenir compagnie aux personnes âgées qui sont seules, que ce soit parce qu’elles ont des problèmes avec leurs enfants, parce qu’elles sont séparées ou autre. On nous attribue une personne et nous allons la voir une fois par semaine pour passer quelques heures avec elle, se promener, discuter. Dans le cas de Juan ils sont devenus très amis.

Juan Oui. Je ne le considère plus comme du bénévolat. Je ne vais plus la voir parce que c’est le jour où je dois y aller. Je vais la voir parce que j’en ai envie. Au bout de quelques mois ça devient une relation amicale.

Mariana C’est beau.

Juan Maintenant elle nous suit sur Facebook, elle laisse des commentaires, elle clique sur « J’aime ».

À Radio Dio

À Radio Dio

Vous aviez lancé une campagne de crowdfounding. Comment a-t-elle fonctionné ?

Juan Nous avons obtenu environ 1 000 €, plus que la somme minimum que nous souhaitions. Mais tous les gens qui ont donné étaient de la famille ou des amis. Ma coopérative a fait un apport plus important mais parce que j’ai fait pression. (Rires)

Mariana Nous avons aussi cherché des sponsors pour avoir de la nourriture pour nous ou pour le chien, ou même de l’essence, en échange de publicité dans nos vidéos. Mais de toutes les entreprises que nous avons contactées, seule une marque de produits pour animaux nous a répondu. Il s’agit de Trixie España qui nous a donné un tas de choses.

Juan Des jouets, des peluches, des cadeaux…

Pensez-vous faire une autre campagne ?

Juan Je n’y ai pas réfléchi. Mais je ne pense pas que ça fonctionnerait.

Mariana Nous allons continuer à envoyer des e-mails pour chercher des sponsors.

Juan Sur notre site les gens peuvent donner via PayPal. De toute façon, ce serait probablement encore la famille et les amis qui donneraient.

Mariana Nous allons aussi essayer de trouver du travail pour pouvoir continuer le voyage.

Quelles organisations avez-vous rencontrées ?

Juan Le Mouvement du Nid à Lille, une banque alimentaire à Santander.

Mariana Un refuge pour animaux.

Juan Et un hôpital à Santander aussi. Dans toutes ces organisations il y a des bénévoles. Le point commun est que les gens puissent aller aider s’ils le souhaitent. Nous n’avons pas un profil d’organisation précis. Nous voulons que ce soit le plus divers possible. Les gens pensent souvent qu’on ne peut faire du bénévolat qu’avec des enfants ou des sans-abri. On peut être bénévole dans une radio ou donner des cours d’informatique à des personnes sans emploi. Un professeur peut être bénévole. C’est le genre de choses qu’on peut faire et auxquelles on ne pense pas forcément dans un premier temps.

Vous prévoyez ensuite de passer par l’Italie et les Balkans.

Mariana Oui, c’est l’idée.

Juan Italie, Slovénie, les Balkans puis la Grèce. Ce sera aussi en fonction de Mariana. Si elle s’en va, je ne peux plus réaliser de vidéo. Je continuerais probablement le voyage, mais le projet se terminerait. Je ne sais pas jusqu’à quand nous aurons de l’argent.

Avez-vous des contacts dans d’autres pays ?

Mariana Nous attendons la réponse d’une association de jeunes. Nous avions contacté une association dans les Asturies qui nous a répondu alors que nous n’y étions plus. Mais ils nous ont dit qu’ils connaissaient d’autres organisations en Italie, en Croatie et ailleurs et qu’ils pouvaient nous mettre en contact avec elles. Nous avons le problème de la langue. En Italie nous devrions arriver à nous comprendre mais après, je ne sais pas.

Juan Il suffit de rencontrer quelqu’un qui parle anglais.

Un mot pour conclure ?

Juan Le voyage dépendra de l’argent mais aussi de la camionnette. Si elle tombe en panne demain, c’est terminé. Si le garage me dit qu’il y en a pour 2 000 € de réparations, ce n’est pas possible. Nous avons parcouru près de 6 000 kilomètres, je ne sais pas combien elle va en faire de plus. Jusqu’à présent nous n’avons pas eu trop de problèmes. J’espère que ça n’arrivera pas.

Mariana Non ! Pitié.

Interview de Laurent

Interview de Laurent

Radio Dio à l’honneur

La période n’était probablement pas la plus indiquée pour rencontrer des bénévoles, de nombreuses associations étant fermées au mois d’août. Après quelques déconvenues, Mariana et Juan ont finalement pu se rendre dans les locaux de Radio Dio pour y interviewer Laurent, animateur de l’émission « Cargo » (musiques du monde). Charmés par les lieux, l’histoire et les activités de la radio, ils ont également apprécié le fait de pouvoir donner la parole à une structure culturelle. « Sinon, nous aurions encore fait quelque chose sur une banque alimentaire ou un refuge. » Ce deuxième reportage vidéo (qui comprend également l’interview des bénévoles du Mouvement du Nid) sera prochainement en ligne sur leur site.

Enfin, après nous avoir régalés d’une tortilla española, ils sont repartis le soir même à bord de leur fourgonnette, direction l’Italie. Souhaitons-leur bonne route et succès dans leur entreprise.

Article publié sur Pourparlers le 11 août 2014

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