Comment j’ai raté la rencontre avec l’amour de ma vie sur la fachosphère en un tweet

Ceux qui me suivent sur Facebook le savent : j’ai une vie parallèle sur Touiteure où, en règle générale, je partage des choses que l’on pourrait qualifier de “sérieuses” (qui sont d’ailleurs automatiquement reproduites sur mon compte Facebook donc, du coup, si vous êtes amis avec moi sur ce réseau social vous le savez déjà, même si vous ne me suivez pas – sur Touiteure, je veux dire – vous me suivez ?) Dans cette autre galaxie, je m’intéresse principalement à deux catégories de comptes : les conspirationnistes de tous bords et les journalistes, en particulier ceux qui font du fact-checking, c’est-à-dire qui vérifient les “informations”, rumeurs et autres théories du complot qui circulent. Ceci est mon histoire (1).

Tout commença hier après-midi par un tweet de Samuel Laurent, le responsable de la rubrique “Les Décodeurs” du Monde. J’aime beaucoup Samuel Laurent, non seulement parce qu’il fait un travail remarquable, mais aussi parce qu’il a beaucoup d’humour. Il reprenait un tweet (voir figure 1) d’une certaine Patricienne et publiait un lien expliquant que sa citation était un fake.

Figure 1

Je me rendais donc sur le tweet incriminé où je pus immédiatement constater que cette dame n’était que paix et amour (voir figures 2 et 3).

Figure 2

Figure 3

Aussitôt mon cœur s’emballa, mes mains devinrent moites et un sourire idiot se dessina sur mon visage rougi par l’émotion. Aucun doute : j’étais en train de vivre un véritable coup de foudre. Bien qu’incapable de gérer ladite émotion, qui m’empêchait d’avoir le moindre comportement rationnel, et malgré la timidité congénitale qui m’accable, je ne pouvais rester les bras croisés et risquer de laisser partir celle qui, je le savais au plus profond de mon être, était l’amour de ma vie (2).
Je pris donc mon courage et mon clavier à deux mains et lui envoyai un message reprenant les mêmes éléments que le sien : une image d’une personne aussi célèbre que décédée depuis des lustres, accompagnée d’une citation dont l’authenticité ne saurait être mise en doute (voir figure 4). Fébrile, je restais néanmoins confiant dans l’approche que je tentais. Patricienne ne pourrait rester insensible à ma déclaration.

Figure 4

Entretemps, j’appris à la connaître un peu mieux et je découvris une personne blessée et meurtrie par la méchanceté et la “déviance” de ses pairs. Elle, une personne si sensible et fragile (voir figure 5).

Figure 5

Elle, dont les amis sont tout aussi sensibles et ne prêchent que paix, amour et compassion (voir figure 6).

Figure 6

Puis le miracle se produisit 4 minutes seulement après mon message. Le petit “ding” de Touiteure m’avertissait d’une notification. Je n’osai y croire et pourtant c’était vrai : l’amour de ma vie venait de me répondre (voir figure 7). Ma terne existence prenait enfin un sens. Je nous voyais déjà courant libres et nus sur les plages ensoleillées d’une lointaine île déserte, chevauchant mille licornes dans les cieux azurés du monde parfait que nous allions reconstruire ensemble, touitant jusqu’à l’épuisement des messages de paix et d’amitié entre les peuples et les personnes.

Figure 7

C’était tellement beau. Tellement inattendu. Tellement tout ça, comme le chantait Jacques Brel. Je relus plusieurs fois son message avant d’oser lui répondre. Je ne pouvais gâcher le début de notre si belle histoire par des mots qu’elle aurait pu mal interpréter. Je décidai donc dans un premier temps de cliquer sur le petit cœur par lequel Touiteure a remplacé l’étoile “favori” il y a quelques mois, afin de lui signifier que j’aimais sa réponse (une manière subtile de lui signifier qu’en réalité c’était elle que j’aimais). Mais, lorsque je cliquai, un phénomène étrange se produisit (voir figure 8).

Figure 8

Mais que s’était-il passé ? Comment était-ce donc possible ? Le monde s’effondrait sous mes pieds et mon Pécé. Comment l’amour de ma vie pouvait-il me rejeter ainsi après une histoire d’amour certes fulgurante mais aussi intense ?
“Mon Dieu, viens-moi en aide” implorai-je en me prosternant devant mon verre de côtes du Rhône. Et alors, Dieu dit : “Comme ses tweets sont publics, si tu vas sur son compte sans être connecté toi-même à Touiteure, tu pourras continuer à lire ses publications”. Alléluia ! Tout n’était pas perdu, je pouvais malgré tout continuer à lire les messages de paix, d’amour et de fraternité qu’elle échangeait avec ses amis (voir figures 9, 10 et 11).

Figure 9

Figure 10

Figure 11

Et, surtout, je pouvais secrètement continuer à aimer la douce et tendre Patricienne et caresser l’espoir qu’un jour le destin nous rapprochât à nouveau (3), tout en maudissant Samuel Laurent de m’avoir fait rencontrer et perdre l’amour de ma vie en 4 minutes seulement .

(1) Désolé mais j’ai toujours rêvé de placer “Ceci est mon histoire” quelque part.
(2) Putain c’est beau ! On dirait du Marc Lévy.
(3) Y a pas à dire, le subjonctif imparfait, tout de suite, ça claque.
PS : Pour retrouver le fil original qui donna naissance à notre idylle, c’est ici : https://twitter.com/samuellaurent/s… et là : https://twitter.com/gallumnostrum/s…
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